Un plan de prélèvement et un programme de surveillance

Base de connaissances · 17 juillet 2026

L’erreur la plus fréquente en suivi est de commencer par les mesures plutôt que par le plan. Or c’est le plan qui décide si les données seront représentatives, comparables et utiles - ou si vous vous retrouverez avec un ensemble de relevés dont il est difficile de conclure quoi que ce soit. Avant de partir sur le terrain, il vaut la peine de répondre à quelques questions.

Pourquoi nous mesurons - l’objectif

Tout commence par l’objectif : évaluer un état, détecter des changements, contrôler un rejet, réagir à un événement, la recherche scientifique. L’objectif décide de tout le reste - un suivi de tendance exige d’autres points et fréquences qu’une alerte précoce.

Les décisions suivantes du plan - où, à quelle fréquence, quoi mesurer - découlent directement de l’objectif. La même rivière appelle un plan tout autre selon la raison pour laquelle on l’étudie :

Objectif du suiviOù placer les pointsÀ quelle fréquenceÉventail de paramètres
Évaluation de l’état / tendancestations représentatives et fixes d’un tronçon typiqueplus rarement, mais sur des années, à dates fixesjeu large et inchangé
Contrôle d’un rejetà l’amont et à l’aval de la source, dans la même campagneselon la variabilité du rejet ; plus souvent s’il est irrégulierparamètres caractéristiques du rejet + oxygène
Alerte précoceau point de plus grand risque, non au plus commodeen continu (sonde) ou densément en période à risquejeu restreint de paramètres rapides : oxygène, température, conductivité
Réaction à un événementle long du panache, vers l’aval, plus un point de référence à l’amonttoutes les heures ou tous les jours, tant que cela dureselon le soupçon ; toujours plus oxygène et pH
Recherche scientifiqueselon le plan d’étude (réplicats, témoins)selon l’hypothèseselon l’hypothèse

⚠️ Le point « à l’amont de la source » fait partie de la mesure, ce n’est pas un supplément. Sans référence amont, impossible de distinguer l’influence d’un rejet du bruit de fond naturel du bassin - c’est la lacune la plus fréquente des plans faits dans l’urgence.

Où - les points de mesure

  • Représentativité - un point doit refléter ce que vous voulez évaluer (le courant, non une poche stagnante ; un tronçon typique, non une exception).
  • Constance - les mêmes sites, décrits sans ambiguïté, pour que les résultats se comparent dans le temps.
  • La logique de la disposition - par ex. en amont et en aval d’une source potentielle, sur les affluents et l’exutoire d’un lac.

Quand et à quelle fréquence

  • La fréquence s’ajuste à l’objectif et à la dynamique du phénomène : une tendance - moins souvent, mais longtemps ; des événements (efflorescences, crues) - plus densément, en période de risque.
  • La saisonnalité - de nombreux indicateurs ont un rythme annuel ; le plan doit couvrir les bons moments.
  • Une heure fixe dans la journée là où le rythme journalier compte (par ex. l’oxygène).

Ce que nous mesurons - l’éventail d’indicateurs

Ajustez les indicateurs à l’objectif - des indicateurs de terrain de base (oxygène, pH, conductivité, température) aux indicateurs biologiques et de laboratoire (nutriments, substances prioritaires). La logique des éléments de l’évaluation de l’état peut être utile.

Ressources et faisabilité

Le meilleur plan est celui qui peut être réalisé : un nombre réaliste de points, de matériel, de personnes et de temps. Mieux vaut moins de sites menés avec constance qu’un plan ambitieux abandonné après une saison.

Sources

  • Programmes et techniques d’échantillonnage : ISO 5667-1:2023 Qualité de l’eau — Échantillonnage — Partie 1 : Lignes directrices pour la conception des programmes et des techniques d’échantillonnage (reprise en EN ISO 5667-1:2023 ; l’édition précédente, fondée sur ISO 5667-1:2020, a été retirée en octobre 2023).
  • Rivières et cours d’eau : ISO 5667-6:2014 (Partie 6 : Lignes directrices pour l’échantillonnage des rivières et des cours d’eau).
  • Lacs et retenues : ISO 5667-4:2016 (Partie 4 : Lignes directrices pour l’échantillonnage des lacs naturels et artificiels).

(Éditions vérifiées le 18 août 2026. Les normes sont payantes : elles sont citées comme adresse de la méthode, non comme texte à recopier.)

En pratique

Il vaut la peine de noter le plan et de le garder avec les données. Dans LimnoLog, la structure d’un projet (stations, campagnes, indicateurs) reflète votre plan, et le planificateur de prélèvements aide à tenir le calendrier. Sur la façon de présenter les résultats ensuite, nous écrivons dans l’article Un rapport de suivi.

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