AQ/CQ dans le suivi - comment assurer la fiabilité des données
Le plus beau graphique ne vaut rien si l’on ne peut pas faire confiance aux données qui le sous-tendent. C’est pourquoi le suivi professionnel repose sur l’AQ/CQ - assurance et contrôle de la qualité - un ensemble d’habitudes qui protègent la fiabilité des résultats. Elles valent d’être connues même quand on mène un suivi par soi-même.
AQ et CQ - deux faces d’une même pièce
- AQ (assurance qualité) - ce que nous faisons à l’avance pour que les données soient bonnes : le choix des méthodes, les procédures, la formation, le plan.
- CQ (contrôle qualité) - ce avec quoi nous vérifions que c’est effectivement le cas : étalonnages, échantillons de contrôle, vérification des appareils par comparaison de méthodes.
Des pratiques qui font la différence
- L’étalonnage du matériel - régulier, avec des étalons ; un appareil non étalonné est une erreur bien présentée.
- Les blancs - ils détectent une contamination lors du prélèvement/de l’analyse.
- Les duplicatas - des mesures répétées montrent la répétabilité.
- La chaîne de traçabilité de l’échantillon - du prélèvement au laboratoire : étiquetage, conservation, délai (voir prélèvement et conservation).
- La constance de la méthode et du site - sans elle, les données ne sont pas comparables.
Chacune de ces pratiques détecte un type d’erreur différent - c’est pourquoi aucune ne remplace les autres :
| Pratique de CQ | Quelle erreur elle détecte | À quelle fréquence |
|---|---|---|
| Étalonnage avec des étalons | dérive et décalage de l’échelle de l’appareil | avant une série de mesures ; les sondes de terrain plus souvent, selon le fabricant |
| Blanc | contamination apportée par le matériel, l’eau de rinçage ou le transport | une fois par lot d’échantillons |
| Duplicat | dispersion aléatoire - répétabilité du prélèvement et du dosage | typiquement 5-10 % des échantillons (convention des programmes de suivi) |
| Échantillon de contrôle à concentration connue | erreur systématique de la méthode (sur- ou sous-estimation) | périodiquement, selon le plan d’AQ |
| Chaîne de traçabilité | délai de conservation dépassé, absence de conservation, échantillons intervertis | chaque échantillon remis au laboratoire |
| Revue des données avant compilation | fautes de frappe, unités confondues, valeurs physiquement impossibles | avant chaque rapport |
⚠️ L’étalonnage ne détecte pas la contamination, et le blanc ne détecte pas la dérive. L’erreur la plus courante dans les petits programmes est de s’en tenir à une seule pratique - le plus souvent l’étalonnage - et de considérer la qualité comme « assurée ». L’étalonnage ne répond que de la qualité de la mesure de ce qu’on lui a donné.
Des concepts à comprendre
- L’incertitude de mesure - tout résultat a une « marge » ; la rapporter est un signe de fiabilité.
- La limite de quantification - la plus petite valeur qu’une méthode peut mesurer de façon fiable ; en dessous, le résultat se rapporte par convention (non comme « 0 »).
- L’accréditation (ISO/IEC 17025) - une confirmation formelle de la compétence d’un laboratoire ; importante quand les données ont une portée officielle.
La validation des données
Avant qu’un résultat n’entre dans les synthèses, il vaut la peine de le relire : valeurs irréalistes, fautes de frappe, erreurs d’unités. C’est une étape simple qui rattrape bon nombre d’erreurs.
En pratique
Une partie du CQ est facilitée par l’outil lui-même. Dans LimnoLog, les données ont une structure uniforme (stations, campagnes, unités), et le mode approbation de campagne permet de relire et de « clôturer » les données avant de les inclure dans un rapport. Sur la façon de présenter des données vérifiées, nous écrivons dans l’article Un rapport de suivi.
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